Ce document évalue le processus de mise en œuvre d’un programme de renforcement des compétences psychosociales (CPS) déployé depuis 2017 dans les collèges de la Nièvre (58).
Le programme, financé par l’ARS et soutenu par l’Académie de Dijon et la Préfecture, relève d’une approche « à la carte » plutôt que d’un programme clé en main, et vise notamment la prévention des conduites à risques chez les élèves de 6e.
L’évaluation repose sur une méthodologie qualitative combinant bilans d’activité, journal de bord tenu en 2021 et 2022, et une quinzaine d’entretiens menés en mars 2022 auprès de personnels de l’Éducation nationale et de partenaires institutionnels, dans cinq établissements sélectionnés.
Onze leviers d’implantation sont identifiés, parmi lesquels l’adhésion des équipes à la notion de CPS, le rôle moteur des chefs d’établissement, la formation des personnels, l’appui de partenaires comme Addictions France, et l’articulation des CPS avec les enseignements existants. Une majorité des établissements interrogés déclarent avoir poursuivi des actions CPS après le programme, notamment via l’accueil du programme Unplugged ou l’organisation d’interventions thématiques ponctuelles.
Sept freins principaux sont également répertoriés, dont la méconnaissance de la notion de CPS, la priorisation des enseignements disciplinaires, le turn-over des personnels, la faible mobilisation des parents et le contexte lié à la crise sanitaire.
Le rapport souligne que les bénéfices perçus par les acteurs portent surtout sur l’amélioration du climat scolaire et du bien-être à court terme, tandis que les effets à long terme sur les conduites à risques sont peu évoqués spontanément par les personnes interviewées.
Au final, l’évaluation du programme met en exergue le besoin de renforcer l’offre de formation, de mieux articuler les CPS aux disciplines enseignées, de formaliser les partenariats après l’implémentation, et d’associer davantage les familles.